Carnet de voyage d'Amérique du Sud

20 janvier 2007 - El Chalten au pied du Fitz Roy et du Cerro Torre

Le cerro Torre

 

 

Le Fitz Roy au levé du soleil

 

Réunis de nouveau à El Calafate et après une journée de repos-visite du fameux glacier Perito Moreno, nous partons pour El Chalten, situé après 220 km de piste en terre.

Un temps incroyablement beau, ciel bleu et sans aucun nuage nous permet d'apprécier la vue sur le Fitz Roy bien avant l'arrivée sur El Chalten, depuis la route RB 23 en provenance d'El Calafate.

Journée exceptionnelle d'après les locaux, dont nous décidons de saisir l'opportunité.

C'est aussitôt descendus du bus à 17h et après 4h de trajet, que nous improvisons 2, 3 jours de trek avec les vivres des uns et des autres pour monter directemnt à la lagune Torre apprécier le Cerro du même nom.

Profitant des longues journées estivales patagoniennes, nous remontons la vallée du rio Fitz Roy jusqu'au campamento d'Agostini, camp situé dans la forêt de lengas, les arbres de patagonie, près de la lagune Torre, où nous arrivons vers 22h juste avant la nuit . Trois heures de marche agréable, plutôt à plat dans une vallée verdoyante, agrémentée de minuscules étangs, baignoires naturelles de petits canards, dans lesquelles le cerro Torre se reflète. La vue est complètement dégagée et le restera le lendemain, nous permettant d'apprécier un lever de soleil irisant de lumière dorée la face est de granit  du pic. 

Une deuxième journée de marche (enfin, quelques heures seulement !) nous permet de rejoindre le camp Poincenot, face au Fitz Roy, qui se dévoile sans nuages, aguichant nos grimpeurs passionnés qui apprécient les différents pics du massif : Poincenot et son arrête qui fait déjà rêver François, Arnaud et Steph, et puis les cerro St Exupéry, Mermoz, Guillaumet...

Mais, l'escalade de la tour centrale du Paine n'a pas été tendre avec leurs corps : les orteils sont encore insensibles, une tendinite s'est réveillée, un gros rhume s'est déclenché... Compte-tenu de l'exigence de l'escalade ici, il paraît sage d'attendre de récupérer un peu avant d'entreprendre une ascenssion. Place à du repos et à des promenades.

Nous faisons un aller-retour dans la journée du lendemain pour racheter un peu de nourriture, se ballader dans le village, constitué d'à peine quelques habitations le long d'une route dont la terre poussiéreuse s'envole, tourbillonnne et se repose plus loin... 

Journée de repos, enfin pas pour tout le monde, car François décide de reconnaître la marche d'approche de l'ascenssion du Fitz Roy en compagnie de son papa et d'Henri. L'escalade ici se mérite, ni plus ni moins que 5h pour arriver au col, avant une pente de neige de 60 degrés pour arriver au pied de la voie.... Moi, quand j'en suis là, j'ai fini ma journée, pas besoin de me lancer dans 8h d'escalade ! Tout est relatif....

Le lendemain, une dernière journée de marche nous amène au Lago electrico, juste avant le glacier, et nous apercevons au travers de nuages l'envers du Fitz Roy. Nous remontons la rive gauche du lac pour s'approcher et chercher un beau point de vue. Mais cette fois, les nuages ont la part belle et il se met à pleuvoir. Inutile de persevérer, et puis nous avons déjà été très chanceux avec le temps. Nous rebroussons chemin jusqu'au petit refuge de Piedras del Fraile, où nous savourons thé et chocolat chaud avant de rentrer au camp Poincenot.

C'est là que nous assisterons à un orage phénoménal (alors qu'ici il n'y a jamais d'orage, et au dire d'un local, il n'a jamais vu ça). Alors que sur notre retour le temps s'était éclairci, voilà que deux heures plus tard, un front dense de nuages noires arrive par vent nord-est. Peu après nous voyons les premiers éclairs illuminer le ciel et les coups du tonnerre gronder. Réfugiés dans notre tente, au milieu des arbres, nous ne sommes pas très fiers. Dehors, c'est la tempête, et ajouté au vacarme du tonnerre et les coups des éclairs, s'ajoutent maintenant des trombes d'eau qui tombent.... et pour une fois nous n'avons pas été très vigilant sur l'emplacement de la tente, placée.....au milieu d'une cuvette. Compte-tenu de la quantité d'eau déversée par le ciel, nous avons vite été sur un petit matelat d'eau, toujours protégés par l'étanchéité de la toile de la tente devant laquelle nos baskets flottaient ... Au début, cela nous a même amusé ! Mais pour peu de temps, car le niveau a continué à monter pour finalement atteindre le haut de la toile étanche puis s'infiltrer dans notre abris! Sauve qui peut, les duvets prennent l'eau !

En culotte et doudoune, pataugeant pieds nus dans 30cm d'eau on évacue la tente et le maximum d'affaires plus haut dans la forêt, plus ou moins protégés par les branches d'arbres ! Il est 2h00 du matin et il va falloir attendre le jour...

Nous nous réfugions dans la tente du papa de François et d'Henri qui gentiment se serrent contre les bords de leur tente. Moi, à peine couverte d'une doudoune et d'une polaire, je me blottis contre François pour récupérer le maximum de la chaleur de son corps, tandis que lui a mis ses petits orteils à l'abris d'une gelure supplémentaire dans un duvet que son papa avait en plus...

Le matin, mettant dans des sacs platiques toutes nos affaires mouillées, après avoir vidé la tente de son contenau d'eau, on est descendu sous une fine bruine avec comme motivation, la recherche d'une grande et chaude chambre d'hôtel pour passer au moins une demi heure sous une douche brûlante !

Sur ce coup, on a été plutôt chanceux. On a trouvé une petite cabane en bois toute équipée, une petite maisonnette dans laquelle on a pu étaler et faire sécher toutes nos affaires. En plus il y avait même une baignoire offrant les délices d'un bain chaud ....

Comme l'inconfort permet de savourer le confort !

On a dormi, bu des chocolats chauds, bouquiné avec vue en grand sur les falaises et les collines d'El Chalten...

Et devinez ?  .... Il faisait de nouveau beau !

 

 

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