12 janvier 2007 - Ile de Navarino : trek "Dientes de Navarino"

Encore un passage de frontière pour me rendre sur l'île de Navarino, chilienne, située en face d'Ushuaïa et séparée d'elle par le canal de Beagle.
Que d'aller-retours entre l'Argentine et le Chili pour découvrir cette magnifique région qu'est la Patagonie. Région sauvage avec sa propre personnalité, ni chilienne, ni argentine mais que se partagent ces deux pays.
Navarino possède un petit village, Puerto Williams qui se découpe en deux parties : l'une civile, l'autre militaire et que le Chili soutient fortement du fait de l'importance de son positionement géographique. Plus au sud encore et en face de l'Argentine !
La raison de ma venue sur l'ile, c'est le trek des "dents de Navarino", ces montagnes aux pics pyramidaux et gris qui pointent vers le ciel, tels les petites canines d'une dentition.
Contrairement aux tours du Paine, ce trek n'est pas fréquenté, peu balisé et très sauvage. Je décide donc d'y tester mes capacités d'orientation et d'autonomie et m'y engage pour 4 jours en solitaire, mais en compagnie d'un bon roman.
Quelle plaisir ! Quel bonheur !
Les paysages, cols parsemés de névés, nombreuses lagunes et prairies innondées, résultat du terrible travail dévastateur des castors qui construisent leurs barrages en décimant les abords des forêts, laissant jonchés sur le sols un enchevêtrement de bois sans banchâtre et mort, pics pointant vers le ciel au bord de lacs bleu sombre et les fameuses dents de Navarino rendent ce trek sauvage et isolé (le plus austral au monde) extraordinaire.
Je suis seule à savourer ces paysages et le sentiment d'harmonie avec la nature est décuplé.
Comme un jeu de piste, je cherche les balises ou imagine les chemins pour rejoindre les cols, campant où mes jambes me demandent de s'arrêter...
Le dernier col, le "paso virginia", vertigineux à pic qu'il faut traverser puis descendre le long d'un pierrier pour accéder à la lagune des guanacos (ces petits lamas patagoniens) termine le trek en offrant une vue superbe sur le canal de Beagle et Puerto Williams. Ensuite, c'est un peu un parcours à la Indiana Jones au milieu de la forèt puis des arbustes épineux pour rejoindre le village.
Quate jours passés sur le treck....mais une semaine passée sur l'île.... Non que j'eus l'envie d'y rester plus longtemps, mais du fait de son isolement et du mauvais temps qui s'était levé, j'y suis tout simplement restée bloquée ! La traversée du canal d'à peine 1/2 heure, effectuée en petit zodiac était tout simplement interdite et les deux ports de Puerto Williams et Ushuaïa alternativement fermés. Quant au petit avion qui relie Pueto Williams à Punta Arenas (Chili) il ne fonctionne que quelques jours par semaine et de toute façon est complet plusieures semaines à l'avance.
Rien d'autre à faire que de prendre son mal en patience, de bouquiner dans le petit café (l'unique!) de la place du village (l'unique!) et d'apprécier la chaleur et la gentillesse ds habitants.
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