8 octobre 2006 - Traversée du delta du Parnaïba et autres escales pour rejoindre Lencois de Marahneses
L'objectif n'était pas réellement de visiter le delta. Il s'agissait surtout de rejoindre Barreirinhas, point de départ des excursions pour le parc "Lençois de Marahneses". Pourtant ce fut une très belle excursion, pas toujours évidente au niveau des transports à organiser, mais riche en imprévus, rencontres et images magnifiques.
C'est grâce à une jeep, en longeant la plage que nous avons failli.....ne pas arriver à Parnaïba !
A peine après avoir roulé 2km, la jeep s'est retrouvée les 4 roues à moitié enfoncées au milieu d'un petit rio..... Et à nous, les passagers, de pousser le 4*4, les jambes enfoncées jusqu'aux genoux, avec la sensation d'être sur des sables mouvants, nos pieds continuant de s'enfoncer selon les endroits ! Finalement, il fallut attendre l'arrivée d'un 4*4, et les 10 passagers d'une camionette pour nous tirer de là .... Un peu surpris par la méconnaissance du terrain de notre chauffeur, nous fûmes confortés dans notre impression après plusieurs franchissements infructueux de dunes, retenant notre respiration chaque fois que la jeep patinait et commençait à s'enliser, cette fois bien loin de tout village ! Enfin nous arrivâmes à l'embouchure du Rio Coréau, en face de Camocim, avec un très beau couché de soleil qui s'annonçait, agrémentant l'attente du bateau qui nous permettrait de traverser.... 3/4 d'heure plus tard et sans aucun bateau à l'horizon, nous avons dû appeler la police de Camocim (vive les téléphones portables !) pour qu'elle aille nous chercher un équipage et un bateau ! Et c'est sous l'éclairage de la pleine lune que nous avons rejoint Camocim, puis 2h de route après, Parnaïba.
Ainsi ces quelques 100km n'ont pris que.....10 heures !!!
Une croisière de 7 heures sur un petit bateau en bois d'une quinzaine de mètres, bercée dans mon hamac suspendu sur le pont supérieur couvert, avec devant moi en défilé continu toutes les nuances de vert: vert sombre ou vert tendre pour les arbres, verts jaune pour les eaux du rio.....
Le pont inférieur, lui est encombré de caisses de poulets vivants et piaillants, qui apparemment n'inspirent pas la même terreur de la grippe aviaire qu'en Europe !
Le delta couvre une superficie de 2700km², composé d'îles, de plages et de lagunes. Parfois, au milieu du rio, on voit apparaître un banc de sable... Quelques maisons , uniquement accessibles par voie fluviale sont situées sur le rivage et les passagers et certaines caisses de poulets débarquent grâce à l'acostage d'une petite barque qui est venue à la rencontre du bateau et repart parfois vers un bras de rivière dont on se demande bien où il peut mener.
J'ai dû prendre le rythme brésilien, tranquille et sans précipitation, car ces heures de traversée se sont étirées sans m'ennuyer, sans même que je ressente de la monotonie. C'est aussi très agréable de se mêler aux habitants de ces villages, de discuter avec eux, la proximité et la longueur du trajet créant des occasions de parler. Je me rapellerai de cette jeune maman, sans doute moins de 18 ans qui se berce elle et son bébé, juste vêtu d'une couche dans un beau hamac en tissus rouge; de cette vieille grand-mère, endimanchée dans une belle robe au visage marqué par les années passées sous ce soleil de plomb, des profondes rides qui ont envahi sa face, mais aussi ses mains, ses bras...; de cette jeune grand-mère qui recoiffe sa petite fille aux yeux bruns-verts ourlés de cils immenses et à la si jolie peau couleur café au lait....
Le temps passe, la nuit tombe; nous longeons le rivage et les masses sombres des arbres sur l'eau noire de la nuit. La lune est cachée, alors les étoiles profitent de cette pénombre pour briller et faire scintiller le ciel de milles points, offrant un spectacle empreint de sérénité, de plénitude.
Et puis nous débarquons à Tutoïa, et nous reprenons contact avec l'autre visage du Brésil, les petites baraques où l'on boit la bière au son de la musique à fond !
Deux heures de recherches, de discussions et un plat de poisson grillé délicieux après, c'est à l'arrière d'une camionette que nous avons rejoint Rio Novo. Nous avons empilés les bagages des 7 passagers, certains se sont assis dessus, moi je me retrouve sur une énorme enceinte qui envoit de la musique à un volume sonore généreux... Il est 22h et j'ai de la peine pour la tranquillité des hameaux que nous traversons. Nous arrivons un peu exténués à minuit dans la très jolie poussadas "Oasis dos Lencois".
Le lendemain, ce sont les chants et les réponses en coeur des enfants de l'école voisine qui me réveillent me mettant d'humeur joyeuse.
C'est ma petite expérience de Robinson Crusoé, une nuit passée dans une petite maison au toit en feuilles de palmier et ouverte au vent, au lit composé d'un matelat posé sur un sommier de briques avec un hamac tendu au-dehors .
Caburé, c'est un petit village de pêcheurs situé entre mer et rivère, constitué de quelques maisons, quelques restaurants et poussadas très simples. Une partie fait face au rio "pregaci" qui doit son nom (preguaci signifie paresseux en portuguais) à son courant très lent. L'autre partie fait face à la mer et aux immenses plages balayées par un vent très fort.
Ici, le vent est encore plus fort qu'à Jericoacoara. Tout est soupoudré de sable, impossible de s'en protéger. Le visage à peine humide, de l'eau d'un bain ou de la transpiration est vite empreint de petits grains, et la table nettoyée 5 minutes auparavant est recouverte d'une pellicule de sable. Quant aux plats servis dans les restaurants, ils ont un certain "croustillant" !
Il n'aura fallu qu'une heure de jeep ( et 2 heures de recherches et négociations !) pour rejoindre Caburé en longeant la plage après un passage par des dunes et quelques palmiers solitaires ça et là.
Une autre négociation m'a permis de compléter les bateaux rapides qui emmènent les touristes en excursion à la journée à Caburé. Escale à Mandacuru, autre petit village de pêcheurs, mais plus protégé du vent. Nous accostons à une petite passerelle où de jeunes garçons jouent à plonger dans l'eau du rio. Nous remontons ensuite le rio Preguaci à grande vitesse pour arriver au bout d'une heure à Bareihrinas.
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