Carnet de voyage d'Amérique du Sud

1 octobre 2006 - Jericoacoara, un village hors du temps

Comment vous faire ressentir l'atmosphère paisible, coupée du monde de ce village au rythme intemporel ?

Peut-être en vous expliquant le chemin à parcourir pour venir jusque là et la situation géographique particulière de cet endroit ?

Jéricoacoara n'est accessible depuis Jijoca (situé au nord de Fortaleza, à 6h de bus) que par un véhicule 4*4. Dans le cas des transports en commun, c'est une sorte de camion complètement ouvert hormis un toit, avec des bancs qui font toute sa largeur et dont l'aspect ressemble à un jouet pour enfant ou bien un glacier ambulant ! Il possède même un petit nom: "Jardineiro". On entasse les sacs de tout le monde tant bien que mal à l'avant sur un des bancs. Il faut alors parcourir durant 1 heure les chemins sableux des hameaux, les dunes puis les plages désertes et ventées avant d'atteindre "Jéri".

Ici, pas d'asphalte. Les vents puissants qui balayent la région ont tôt fait de tout recouvrir de sable. Les quelques cocotiers sont tous courbés dans la même direction. D'immenses dunes de sables blanc formées par ces vents plongent dans la mer.

Sec, désertique et venteux sont les qualificatifs les mieux appropriés.

Où donc est le charme me direz-vous ?

Justement, dans ces trois qualificatifs...

Les ânes, les vaches, sauvages et en liberté se balladent tranquillement dans cet espace, traverssent les pistes ou même parfois les rues du village. En fin d'après-midi, tout le monde se retrouve sur l'unique plage et pratique ses activités : qui la capoeira, qui le foot ball, qui la gymnastique. D'autres les regardent, d'autres encore sirotent une caïpirina. Certains ont grimpé au sommet de la dune pour admirer le "por do sol", le coucher de soleil qui ici a lieu sur la mer (contrairement aux autres plages du Brésil où c'est le lever de soleil sur la mer que l'on observe), d'autres ont fini leur session de planche à voile et sortent de l'eau, certains profitent encore d'un dernier bain de mer dans une eau peu profonde que la marée retire...

Le soir, les petites lumières des poussadas, des maisons et des restaurents ou boutiques s'allument et constituent l'unique éclairage du village.

L'endroit est magique, dans sa vrai définition du terme et semble irréel. Comme s'il répondait au jardin secret de chacun.

 

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