4 août 2006 - El esfinge
Le sphinx !
C'etait un peu la raison de notre venue a Huaraz.
Francois avait eu quelques infos sur cette face avant de partir et etait tres motive pour grimper une voie dedans.
Situee a 4800m d'altitude, le sommet de la paroie culmine a 5300m. Ce n'est donc pas une escalade comme une autre. Au depart, nous avons eu beaucoup de mal a recuperer des infos, sur la maniere de s'y rendre, ou un topo un peu plus detaille, avec les rappels de descente etc....
Finalement en possession d'un bon topo de la voie "originelle" (premiere voie de la face, 1985, ED inf, 750m, 18 longueurs), nous nous sommes rendus jusqu'a la lagune Paron, point de depart de la marche d'approche.
L'endroit est magnifique et justifie a lui seul la venue jusqu'ici. La lagune bleue turquoise scintille, avec en toile de fond la "pyramide", figure geometrique parfaite tout de blanc vétue et le chacraraju, l'un des sommets les plus difficiles des Andes.
De la nous sommes donc montes au pied de la face: rude et raide montee de 2h avant d'atteindre le premier camp de base, a 1 heure de la face( dernier endroit ou l'on peut trouver de l'eau). Avec nos sacs, de vivres, de matos d'escalade, nous avons heureusement ete aide par un porteur. Un jericane de 15l d'eau rempli, nous avons poursuivi jusqu'a la paroie ou nous avons pu trouver une grotte pour nous accueillir (et d'autres grimpeurs avant nous, vu l'amenagement du lieu).
Le lendemain, nous avons grimpe 3 longueurs au soleil, cotees entre 5sup et 6a sur un tres beau granit propre et compact. Ce reperage fait, nous sommes redescendus nous reposer pour tenter l'ascenssion de la voie dans la journee du lendemain, comptant sur le beau temps qui semblait enfin revenir.
La voie etant face est, le soleil nous chauffe que de 7h a 14h max. L'idee etait donc de partir tres tót , de nuit dans les longueurs que nous connaissions pour sortir le plus tot dans l'apres midi et eviter un eventuel mauvais temps, car les nuages s'accrochent sur les sommets.
Nous avons commence l'escalade de nuit, a 5h30 du matin, a la frontale. Francois, tres serein et a l'aise, Christine carrement moins súre et decidee ! Un peu mal a la téte, au ventre, ( trouille ou mal des montagnes ?), a la fin de la deuxieme longueur, alors que le jour se levait enfin, nous decidons de redescendre...
Le reste de la journee sera dure pour tous les deux, accusant la deception que ce choix a entraíne.
Christine n'etait pas tres bien, mais c'etait sans doute plus d'apprehension. Se retrouver tout seul a 4800m d'altitude, au fin fond du Perou pour tenter une voie en terrain d'aventure de 18 longueurs necessite d'etre bien dans sa téte, mais aussi que les deux soient completement autonomes dans ce type d'escalade.
Voila donc le recit d'une petite deception. Peut etre partie remise, mais alors a plusieures cordees ?
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